Centenaire de l’Association des archivistes suisses

Pour que le centenaire de l’AAS annonce le prochain siècle et dépasse les contraintes du fédéralisme

Le 4 septembre 2022, l’AAS fêtera les cent ans de son existence. Son comité vient de dévoiler le programme, lors de l’assemblée générale. L’élément pivot, « Archives on Tour », est rehaussé par des actions promotionnelles et des portes ouvertes dans chaque canton. Il est prévu une refonte du site.
Pour avoir présidé le groupe des manifestations du 75e anniversaire, je mesure la distance qui sépare les deux événements.
Depuis, l’AAS a triplé ses effectifs, s’appuie sur des filières de formation certifiées, à succès et de niveaux différenciés. Elle vit des défis sans précédent, nombreux et complexes, en termes de gestion et de pérennité, avec la prépotence de l’informatique. Sollicitée comme jamais, elle a dû répondre des « trous de mémoire » douloureux de l’histoire suisse, au 20e siècle. Dans un tel contexte, pourquoi craindrait-elle d’afficher ses fondamentaux, ses attentes, sa place essentielle et exclusive dans la société de l’information et dans les mémoires héritées, en cours et futures de chaque parcelle du territoire suisse ? Si l’organisation politique du pays caractérise son paysage archivistique, le fédéralisme, pour l’avoir écrit en 2016, « ne doit pas être un alibi pour ne rien oser ni la cause de tous les maux. S’il a été longtemps un cadre pratique et protecteur pour justifier l’autonomie et les décisions souveraines de l’archiviste, il est à ce jour obsolète et doit être complètement repensé sous les effets pressants de la société numérique. La responsabilité de faire changer les lignes, de modifier l’état d’esprit et de faire surgir de nouvelles modalités de travail incombe à l’évidence aux archivistes. Dans cette construction que nous appelons de nos voeux, ils savent désormais qu’ils devront présenter un front commun dont l’AAS sera naturellement l’étendard et le faire-valoir, la force de ralliement et de référence.»
Dès lors, je me risque à formuler deux propositions : profiler le logotype de l’AAS par un jeu de slogans en relation avec les priorités de l’association ; publier, lors de la date symbolique de la fondation, une déclaration solennelle sur les engagements de la communauté des archivistes – celle-ci soutenue par un dossier de la revue arbido. Cette seconde visibilité peut s’inspirer d’antécédents « historiques » : Congrès BDA 94 (1994) ; Ouverture aux relations régionales, transfrontalières et internationales (2000); Archivage des documents électroniques dans l’administration publique – Perspectives et besoins 2002-2010 (2002) ; Affaire Tinner (2008) ; Devoir de mémoire (2019).
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